Vendredi 11 mai 2012
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Fantastique, Merveilleux, quel épithète utiliser pour qualifier l’opéra-ballet Les Indes Galantes de Rameau
? L’interprétation n’avait, hier soir, rien à voir avec l’idée que l’on se fait de ce genre de spectacle. Cette œuvre a eu un destin élastique : composée en 1736, oubliée pendant deux siècles,
exhumée et réorchestrée par Paul Dukas en 1920 ; et quelques cent ans plus tard, Christophe Rousset (Les Talens je confirme : e-n-s Lyriques) retrouve à la bibliothèque
municipale de Toulouse une version inconnue qui va servir de base à une nouvelle production. Le sujet de cet opéra, une digression sur l’amour, la discorde, la gloire la paix, à travers des
contrées lointaines : chez le Turc, le Perse, l’Inca. L’idée a d’ailleurs été inspirée par André Campra, ancien maître de chapelle de la cathédrale Saint Etienne, que l’on tient pour le
compositeur du premier opéra Français : entr’autres titres : l’Europe galante.
La mise en scène « décalée au possible, confiée à une metteur en scène et chorégraphe italienne, présente
un prologue, où l’on voit l’Eden et l’humanité naissante, heureuse , sans contraintes( la présence des danseuses et danseurs entièrement nus a certainement surpris le public toulousain , mais au
fur à mesure de la progression, quand les tares originaires de l’homme( avidité, soif de pouvoir et de domination) détruisent l’harmonie originale, on regrette le temps de ce bonheur sans
contraintes.
Dans l’opéra-ballet, il n’y a pas d’actes, mais une suite de tableaux appelés « des entrées », qui nous
renvoient à un lieu un pays (souvent de souffrance) où l’Amour se dispute encore avec la Discorde !
Et curieusement si la musique a été composée en 1736, le texte est certainement contemporain, et
aujourd’hui, hélas tellement d’actualité !
Musicalement, envoûtant, l’orchestre du capitole a offert la fosse à l’ensemble ; Les Talens Lyriques à
l’origine de la renaissance de cette œuvre,
Un florilège de voix inhabituelles, servies par des chanteuses et des chanteurs (français, russes
etc.
Le chœur du capitole « superlatif », ovationné à juste raison.
Le sujet de l’amour virevoltant de pays en continents, de cœurs en cœurs, pour un finale dans une
chaconne triomphante, en marche vers un univers d’amour et de paix.
Une soirée où tout est bon !!
Bravo à Dominique Chambert (le maître de céans, croisé pendant notre repas de fin de soirée au Florida- il
nous avoua avoir eu peur de l’accueil du public, mais satisfait de ce public Toulousain toujours prêt à s’émerveiller.
Public qu’il avait invité le lendemain pour la présentation de la prochaine saison, et pendant ses
commentaires sur les ouvrages prochains, certains spectateurs n’ont pas manqué de lui venir en aide quand il avait « un trou » !
Pour info, un des opéras sera RIENZI, de WAGNER, qu’il n’a jamais pu présenter en France, une œuvre
énorme. Puis Une création, sur une commande d’Aix en Provence : Written on skin – musique d’un anglais, d’après une légende occitane. Ensuite une théorie de« don » :
Carlos/Pasquale/Giovanni. Et aussi, Benjamin Britten qui à joué sur un conte de Maupassant : Le rosier de Madame Husson.
Bonne journée à tous
Roland